{"id":14950,"date":"2023-09-01T20:16:05","date_gmt":"2023-09-01T18:16:05","guid":{"rendered":"https:\/\/rene-gaston-lagorre.fr\/?page_id=14950"},"modified":"2023-09-07T09:13:07","modified_gmt":"2023-09-07T07:13:07","slug":"rene-gaston-lagorre-par-jean-claude-dedieu","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/rene-gaston-lagorre.fr\/index.php\/rene-gaston-lagorre-par-jean-claude-dedieu\/","title":{"rendered":"Ren\u00e9 Gaston-Lagorre par Jean-Claude Dedieu"},"content":{"rendered":"<p>[vc_row row_type=&#8221;parallax&#8221; parallax_background_image=&#8221;14910&#8243;][vc_column]<div class=\"edgt-elements-holder   edgt-one-column  edgt-responsive-mode-768 edgt-one-column-alignment-center\" ><div class=\"edgt-eh-item   edgt-horizontal-alignment-center \"  data-item-class=\"edgt-eh-custom-6459\">\n\t<div class=\"edgt-eh-item-inner\">\n\t\t<div class=\"edgt-eh-item-content edgt-eh-custom-6459\" style=\"padding: 11% 0%\">\n\t\t\t[vc_column_text]<\/p>\n<h6><span style=\"color: #ffffff;\">Lecture d&#8217;oeuvres<br \/>\n<\/span><\/h6>\n<p>[\/vc_column_text][vc_empty_space height=&#8221;8px&#8221;][vc_column_text]<\/p>\n<h1><span style=\"color: #ffffff;\">Ren\u00e9 Gaston-Lagorre par Jean-Claude Dedieu<\/span><\/h1>\n<p>[\/vc_column_text]\t\t<\/div>\n\t<\/div>\n<\/div><\/div>[\/vc_column][\/vc_row][vc_row row_content_width=&#8221;grid&#8221; css=&#8221;.vc_custom_1493283590395{padding-top: 100px !important;padding-bottom: 100px !important;}&#8221;][vc_column][vc_column_text]La peinture de Ren\u00e9 Gaston-Lagorre contrarie la critique prompte \u00e0 classer, \u00e9tiqueter, enfermer une \u0153uvre dans une \u00e9cole, un mouvement artistique ou, plus vaguement, une \u00e9poque. Aujourd&#8217;hui nous regardons le peintre &#8221; tel qu&#8217;en Lui-m\u00eame enfin l&#8217;\u00e9ternit\u00e9 le change &#8221; et nous sommes d\u00e9concert\u00e9s parce que ce &#8220;Lui-m\u00eame&#8221; se montre sous une multiplicit\u00e9 de personnes.<\/p>\n<p>On pourrait recenser les peintres dont on trouve un \u00e9cho dans cette \u0153uvre, pr\u00e9ciser le degr\u00e9 d&#8217;affinit\u00e9 de ces correspondances. Or ces peintres ont des sensibilit\u00e9s, des caract\u00e8res, des mani\u00e8res tr\u00e8s diff\u00e9rentes et il est d\u00e9concertant de les rencontrer chez un seul artiste comme si cet artiste reprenait \u00e0 son compte les difficult\u00e9s, les probl\u00e8mes et les solutions de sa g\u00e9n\u00e9ration au risque de se disperser et de perdre sa personnalit\u00e9.<\/p>\n<p>La peinture de Gaston Lagorre est largement figurative. Elle s&#8217;inscrit dans la tradition occidentale de la mimesis, de l&#8217;imp\u00e9ratif d&#8217;imiter, de reproduire le r\u00e9el selon des choix techniques qui n&#8217;ont en commun que de donner \u00e0 voir justement ce r\u00e9el.<\/p>\n<p>Ainsi la repr\u00e9sentation peut-elle \u00eatre tant\u00f4t assur\u00e9e par la ligne, le jeu des lignes \u2013 et on voit ici la virtuosit\u00e9 de Dufy, de Dunoyer de Segonzac, tant\u00f4t confi\u00e9e \u00e0 la couleur, \u00e0 la vibration des tons, et le trait s&#8217;emp\u00e2te, souligne \u2013 et on pense \u00e0 Marquet, Matisse et davantage peut-\u00eatre \u00e0 Manguin (qui lui-m\u00eame \u00e9voque plusieurs peintres).<\/p>\n<p>Les rencontres avec ces peintres sont des rencontres heureuses et Gaston-Lagorre n&#8217;h\u00e9site pas \u00e0 afficher son admiration par un emprunt d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, \u00e0 Watteau par exemple lorsqu&#8217;il transpose <em>L&#8217;embarquement pour Cyth\u00e8re<\/em> ou quand il donne \u00e0 sa <em>Vierge Marie<\/em> un visage copi\u00e9 de Botticelli.<\/p>\n<p>Cependant, habitu\u00e9s que nous sommes \u00e0 consid\u00e9rer comme allant de soi le souci de la peinture de repr\u00e9senter, de figurer, on n&#8217;aper\u00e7oit pas suffisamment le glissement qui s&#8217;op\u00e8re dans l&#8217;\u0153uvre de Gaston-Lagorre vers une mani\u00e8re nouvelle pour n&#8217;\u00eatre pas surpris lorsqu&#8217;elle \u00e9clate comme une trompette de jazz apr\u00e8s un concert de musique classique. Pourtant, d\u00e9j\u00e0 dans une <em>Vierge \u00e0 l&#8217;enfant<\/em> de 1953, dans <em>le Chemin de Croix de l&#8217;H\u00f4pital du Val d&#8217;Ari\u00e8ge,<\/em> la peinture de Gaston-Lagorre \u00e9tait travaill\u00e9e par une g\u00e9om\u00e9trie qui brise les courbes, rabat les volumes sur le plan et s&#8217;\u00e9mancipe des contraintes de la vraisemblance.<\/p>\n<p>Une toile est particuli\u00e8rement significative de ce changement : <em>Les baigneurs<\/em> de 1944. Certes l&#8217;image est figurative mais ses \u00e9l\u00e9ments composent une architecture devenue visible ; les corps y sont morcel\u00e9s, des morceaux assembl\u00e9s ; les strates du paysage- la terre, la mer, le ciel &#8211; ordonn\u00e9es en s\u00e9quences distinctes, nettement s\u00e9par\u00e9es. Le sujet du tableau est presque un pr\u00e9texte \u00e0 organiser des plans color\u00e9s. Les couleurs elles-m\u00eames sont trait\u00e9es en \u00e0-plats, sans modulation, sans effusion. Le th\u00e8me aussi rompt avec ceux que l&#8217;\u0153uvre a rendus familiers : au paysage rural, \u00e0 la montagne, \u00e0 l&#8217;espace confin\u00e9 des int\u00e9rieurs du labeur paysans se substituent l&#8217;atmosph\u00e8re du loisir, l&#8217;ouverture et l&#8217;\u00e9tendue du ciel et de la mer.<\/p>\n<p>Ce qui se pr\u00e9pare presqu&#8217; insensiblement c&#8217;est le grand \u00e9cart final qui explose dans la s\u00e9rie des Z. Maintenant le peintre ne peint plus que la peinture, le geste de peindre, l&#8217;abstraction gouvern\u00e9e par la g\u00e9om\u00e9trie. Si quelque figure y para\u00eet c&#8217;est assujettie s\u00e9v\u00e8rement par des r\u00e8gles \u00e9trang\u00e8res au souci de la ressemblance. Ce qui n&#8217;emp\u00eache pas qu&#8217;on y reconnaisse sans h\u00e9siter tel visage (Picasso). Mais, comme la musique, cette peinture ne signifie qu&#8217;elle -m\u00eame. Elle expose sa propre exub\u00e9rance, sa joie, ses humeurs, ses passions. On dit &#8220;passion&#8221; parce que, \u00e0 l&#8217;exception de quelques toiles o\u00f9 la d\u00e9clinaison de couleurs accord\u00e9es sugg\u00e8re un climat de douceur, la plupart des Z vibrent d&#8217;un zig zag violent.<\/p>\n<p>Pour d\u00e9crire la modernit\u00e9 de ces toiles on est tent\u00e9 de recourir au vocabulaire de la musique. C&#8217;est de mouvement qu&#8217;il s&#8217;agit, de tempo, de rythme, scherzando souvent. L&#8217;harmonie est plus bruyante que m\u00e9lodieuse, travers\u00e9e de stridences, de syncopes.<\/p>\n<p>L&#8217;audace technique commune aux compositions des Z les rassemble dans ce qu&#8217;on pourrait appeler &#8220;mani\u00e8re &#8221; ou &#8221; p\u00e9riode&#8221;. Une p\u00e9riode si diff\u00e9rente des p\u00e9riodes ant\u00e9rieures qu&#8217;elle n&#8217;en est pas la contradiction. Il n&#8217;y a donc pas de difficult\u00e9 pour qui a \u00e9t\u00e9 s\u00e9duit par l&#8217;abstraction turbulente des derni\u00e8res toiles de Gaston-Lagorre de revenir aux images ant\u00e9rieures c\u00e9l\u00e9brant les paysages, les saisons, la vie des campagnes ou l&#8217;interpr\u00e9tation tr\u00e8s personnelle de th\u00e8mes religieux.<\/p>\n<p>Il n&#8217;y a pas deux Gaston-Lagorre mais un artiste qui parle deux langues diff\u00e9rentes. Pour aimer cette \u0153uvre il suffit d&#8217;\u00eatre bilingue.[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_empty_space][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=&#8221;1\/3&#8243;][\/vc_column][vc_column width=&#8221;1\/3&#8243;][vc_images_carousel images=&#8221;14914,14916,14915,14913,14912,14911,14910&#8243; img_size=&#8221;500&#215;600&#8243;][\/vc_column][vc_column width=&#8221;1\/3&#8243;][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_empty_space][\/vc_column][\/vc_row][vc_row row_content_width=&#8221;grid&#8221; css=&#8221;.vc_custom_1493283573780{padding-top: 100px !important;padding-bottom: 100px !important;}&#8221;][vc_column]<div class=\"edgt-process-holder process-text-right \">\n    <div class=\"edgt-process-inner\">\n        \n                <div class=\"edgt-process-text-holder\">\n            \n                        <h2 class=\"edgt-process-title\">\n                Jean-Claude DEDIEU             <\/h2>\n                                <p class=\"process-text\">Jean-Claude DEDIEU vit \u00e0 Saint-Lizier. Il a longtemps exerc\u00e9 en tant que professeur de philosophie au Lyc\u00e9e de Saint-Girons (Ari\u00e8ge). Jean-Claude Dedieu est aussi consid\u00e9r\u00e9 comme un sp\u00e9cialiste de l\u2019artiste-peintre Leonor Fini qu\u2019il a bien connue et pour laquelle il a r\u00e9dig\u00e9 plusieurs textes et pr\u00e9faces de livres d\u2019art. Depuis le d\u00e9c\u00e8s de celle-ci, Jean-Claude Dedieu n\u2019a jamais interrompu sa collaboration avec la galerie Minsky qui continue \u00e0 Paris d\u2019exposer les \u0153uvres de l\u2019artiste disparue.<\/p>\n                <\/div>\n                <\/div>\n<\/div>[\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[vc_row row_type=&#8221;parallax&#8221; parallax_background_image=&#8221;14910&#8243;][vc_column][\/vc_column][\/vc_row][vc_row row_content_width=&#8221;grid&#8221; css=&#8221;.vc_custom_1493283590395{padding-top: 100px !important;padding-bottom: 100px !important;}&#8221;][vc_column][vc_column_text]La peinture de Ren\u00e9 Gaston-Lagorre contrarie la critique prompte \u00e0 classer, \u00e9tiqueter, enfermer une \u0153uvre dans une \u00e9cole, un mouvement artistique ou, plus vaguement, une \u00e9poque. 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