{"id":14992,"date":"2023-09-02T09:42:17","date_gmt":"2023-09-02T07:42:17","guid":{"rendered":"https:\/\/rene-gaston-lagorre.fr\/?page_id=14992"},"modified":"2023-09-02T18:41:26","modified_gmt":"2023-09-02T16:41:26","slug":"presence-de-la-musique-dans-l-oeuvre-de-lagorre","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/rene-gaston-lagorre.fr\/index.php\/presence-de-la-musique-dans-l-oeuvre-de-lagorre\/","title":{"rendered":"Pr\u00e9sence de la musique dans l&#8217;\u0153uvre de Lagorre"},"content":{"rendered":"<p>[vc_row disable_background_image=&#8221;&#8221; row_type=&#8221;parallax&#8221; simple_background_image=&#8221;1347&#8243;][vc_column]<div class=\"edgt-elements-holder   edgt-one-column  edgt-responsive-mode-768 edgt-one-column-alignment-center\" ><div class=\"edgt-eh-item   edgt-horizontal-alignment-center \"  data-item-class=\"edgt-eh-custom-1394\">\n\t<div class=\"edgt-eh-item-inner\">\n\t\t<div class=\"edgt-eh-item-content edgt-eh-custom-1394\" style=\"padding: 11% 0%\">\n\t\t\t[vc_column_text]<\/p>\r\n<h6><span style=\"color: #ffffff;\">Lecture d&#8217;oeuvres <\/span><\/h6>\r\n<p>[\/vc_column_text][vc_empty_space height=&#8221;8px&#8221;][vc_column_text]<\/p>\r\n<h1><span style=\"color: #ffffff;\">Pr\u00e9sence de la musique dans l&#8217;\u0153uvre de Lagorre<\/span><\/h1>\r\n<p>[\/vc_column_text]\t\t<\/div>\n\t<\/div>\n<\/div><\/div>[\/vc_column][\/vc_row][vc_row row_content_width=&#8221;grid&#8221; css=&#8221;.vc_custom_1493283590395{padding-top: 100px !important;padding-bottom: 100px !important;}&#8221;][vc_column][vc_column_text]<\/p>\r\n<p>\u00ab\u00a0<em><strong>Musica Letitia Co(me)s Medicina Dolor(is)<\/strong><\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->\u00ab<em><strong>La musique est la compagne de la joie et le rem\u00e8de de la douleur.\u00a0<\/strong><\/em>\u00bb<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Inscription port\u00e9e sur le couvercle du virginal dans <em><strong>La Le\u00e7on de musique.<\/strong><\/em> Hst. 63x73cm. vers 1660. Palais Saint-James. Londres<\/p>\r\n<p>[\/vc_column_text][vc_empty_space][vc_single_image image=&#8221;15009&#8243; img_size=&#8221;medium&#8221; alignment=&#8221;center&#8221;][vc_empty_space][vc_column_text]<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Il n\u2019est \u00e9videmment pas rare que la peinture s\u2019inspire de la musique et dialogue avec elle, sous de multiples formes<a id=\"sdfootnote1anc\" href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>1<\/sup><\/a>.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Tout au long de sa vie Lagorre veillera \u00e0 mettre en \u0153uvre ce dialogue, tant dans la peinture figurative que dans ses compositions abstraites, faisant en sorte que jamais ce dialogue ne s\u2019interrompe.<\/p>\r\n<h5><!-- \/wp:paragraph --><\/h5>\r\n<h5><!-- wp:paragraph --><strong>La symphonie de l\u2019eau et du vent<\/strong><\/h5>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->La premi\u00e8re des musiques qui surgit et bruisse sur les toiles figuratives du peintre nous semble \u00eatre celle des \u00e9l\u00e9ments naturels, tels l\u2019eau et le vent.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->L\u2019eau vive des cascades jaillit et bondit de rocher en rocher puis glisse sur la mousse, tourbillonnant parfois, avant de s\u2019apaiser, une fois la vall\u00e9e atteinte, pour ne plus donner \u00e0 entendre qu\u2019une sorte de murmure continu, \u00e9mis en sourdine.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->A flancs de montagne, pour peu que l\u2019on \u00e9coute, on per\u00e7oit aussi la scansion des battements du linge sur une planche de bois. C\u2019est celle de la lessive qui r\u00e9unit les paysannes au plus pr\u00e8s des points d\u2019eau. Le rythme martel\u00e9 de leurs gestes r\u00e9sonne \u00e0 intervalles r\u00e9guliers, interrompant soudain le chuintement des fontaines-lavoirs \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du village ou la m\u00e9lodie d\u2019un ruisseau qui caresse les berges, fr\u00f4lant en passant le pied des maisons.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Le clapotis des vagues sur une plage sablonneuse \u00e9clabouss\u00e9e de soleil, \u00e9voque \u00e0 son tour la douceur et la suavit\u00e9 d\u2019une journ\u00e9e d\u2019\u00e9t\u00e9, quelque part, en M\u00e9diterran\u00e9e. A l\u2019inverse, la peinture peut nous donner \u00e0 entendre le grondement sourd du flux et du reflux d\u2019une mer d\u2019opale qui roule sur les galets, au pied de la falaise, du c\u00f4t\u00e9 d\u2019\u00c9tretat\u2026<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Il arrive que le vent lui aussi se fasse entendre.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Dans le tableau \u00ab\u00a0<em>Menace d\u2019orage<\/em>\u00a0\u00bb le peintre r\u00e9ussit \u00e0 traduire la violence du vent dont on per\u00e7oit ais\u00e9ment le sifflement et le souffle puissant au seul vu des efforts fournis par des hommes et par des animaux qui tentent de s\u2019en d\u00e9fendre. C\u2019est en revanche un doux z\u00e9phyr qui souffle et fait bruisser les feuilles de peupliers bleut\u00e9s laissant entrevoir, \u00e0 travers leurs branchages, les tours du ch\u00e2teau de Foix qui surplombent la rivi\u00e8re.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Sur les toiles de Lagorre, les musiques de l\u2019eau et du vent sont multiples. Elles se conjuguent parfois, cr\u00e9ant une symphonie sans cesse renouvel\u00e9e dont les variations de timbre enchantent qui tend l\u2019oreille.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<h5><!-- wp:paragraph --><strong>La pr\u00e9sence d\u2019instruments de musique<\/strong><\/h5>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Si, dans une Nature morte, une mandoline plac\u00e9e \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019un bouquet de fleurs peut sembler \u00eatre un motif pour le moins convenu somme toute, assez acad\u00e9mique, il n\u2019en \u00e9mane pas moins une forme de po\u00e9sie liant ind\u00e9fectiblement peinture et musique.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Pour c\u00e9l\u00e9brer Mozart, Lagorre se contentera de placer, sous un \u00e9norme bouquet d\u2019an\u00e9mones dont les couleurs vives jaillissent sur la toile, un livre o\u00f9 l\u2019on distingue le nom du maestro, comme s\u2019il suffisait de nommer celui-ci pour cr\u00e9er l\u2019enchantement.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->De mani\u00e8re directe, Lagorre introduit aussi sur ses toiles figuratives des instruments de musique. Cela permet de marquer plus fortement encore la pr\u00e9sence d\u2019une atmosph\u00e8re ou d\u2019une \u00e9motion particuli\u00e8re d\u00e9clench\u00e9e par tel ou tel type d\u2019instrument\u2026 Ainsi voit-on les gitans cheminer sur les routes poussi\u00e9reuses dans leur roulotte au son de la guitare. C\u2019est encore la guitare qui, plus tardivement cette fois, animera au campement une soir\u00e9e devenue invitation \u00e0 la danse. C\u2019est que le son de la guitare peut exprimer la m\u00e9lancolie, l\u2019arrachement \u00e0 la terre natale, comme il peut exprimer, dans une autre tonalit\u00e9, la voluptueuse et sauvage joie de vivre d\u2019un peuple libre. Les tonalit\u00e9s sont, l\u00e0 encore, multiples.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->D\u2019autres gitans, \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, soufflent parfois dans un harmonica qu\u2019ils tiennent bien serr\u00e9 dans leurs doigts. Le ton plaintif s\u2019\u00e9l\u00e8ve dans la nuit, lancinant, ent\u00eatant, d\u00e9chirant&#8230; Il r\u00e9sonne dans le campement et envahit l\u2019espace, exprimant , dirait-on, une forme de nostalgie.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Autre ambiance dans un autre registre , quand \u00e0 la veill\u00e9e du soir dans la cabane, le berger s\u2019empare d\u2019un pipeau. Le son pur \u00e9mis par cette petite fl\u00fbte champ\u00eatre,instrument de musique pastoral par excellence, sans doute taill\u00e9 dans la journ\u00e9e m\u00eame en coupant un roseau, vient rompre l\u2019isolement des hommes. Ce soir l\u00e0, dans la cabane, le son de la fl\u00fbte accompagne la m\u00e9lancolie de ceux qui se trouvent loin des leurs et loin de la vall\u00e9e.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<h5><!-- wp:paragraph --><strong>Musique, musiciens et orchestres<\/strong><\/h5>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Lagorre nourrit une telle passion pour la musique, il veut la rendre si pr\u00e9sente, qu\u2019il peint aussi les musiciens en action.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->La musique s\u2019invite au mariage quand, au printemps, un violoniste v\u00eatu d\u2019une vareuse de paysan, portant chapeau et gros souliers de cuir, pr\u00e9c\u00e8de le cort\u00e8ge, l\u2019accompagnant avec all\u00e9gresse, au sortir de l\u2019\u00e9glise. O\u00f9 que l\u2019on soit, la musique est un langage universel et appartient \u00e0 tous.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->L\u2019homme orchestre du cirque, en marchant d\u2019un bon pas, \u00a0fait tinter avec vivacit\u00e9 les grelots attach\u00e9s \u00e0 ses chevilles et \u00e0 ses mollets ! A lui seul, il assure l\u2019annonce musicale tonitruante du spectacle \u00e0 venir, gr\u00e2ce \u00e0 la grosse caisse qu\u2019il porte sur son dos mais aussi \u00e0 la trompette \u00e0 coulisses qu\u2019il tient en main, tout pr\u00eat \u00e0 en jouer\u00a0! Sur d\u2019autres toiles circassiennes figurent divers instruments de musique au son tout aussi puissant, tels des cors ou bien des saxophones\u2026 Tous augurent du joyeux tintamarre qui va rythmer la soir\u00e9e de spectacle. Comme chez Tati au cin\u00e9ma, la musique bruyante va ici de pair avec l\u2019enthousiasme et l\u2019atmosph\u00e8re festive qui inonde le village \u00e0 la venue du cirque.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Sur ce tableau de jeunesse, assez exotique, dat\u00e9 de 1937, on peut voir un orchestre antillais o\u00f9 chaque musicien, muni de son instrument semble, de mani\u00e8re assez irr\u00e9aliste, poser sur la plage pour le seul peintre. Plus \u00e9mouvants peut-\u00eatre et combien diff\u00e9rents sont ces orchestres de rue, aujourd\u2019hui disparus. Lagorre les a vus et \u00e9cout\u00e9s au Maroc. L\u2019artiste peint les musiciens de face, leurs instruments figurent au premier plan et ce sont majoritairement des violons dont on sait, depuis Verlaine, qu\u2019ils sont aptes \u00e0 exprimer avec force, langueur, tristesse et m\u00e9lancolie. Le point de vue adopt\u00e9 par le peintre nous m\u00eale \u00e0 la sc\u00e8ne. Nous voil\u00e0 dans la rue, parmi les badauds attentifs qui, d\u00e9j\u00e0, sont \u00e0 l\u2019\u00e9coute.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Autre ambiance musicale, tr\u00e8s orientale celle-ci, quand, dans la fra\u00eecheur d\u2019un patio, bien \u00e0 l\u2019abri de la chaleur \u00e9crasante de la rue, une jeune femme nue, alanguie \u00e0 m\u00eame le sol somnole aupr\u00e8s d\u2019une jeune servante qui pince \u00e9l\u00e9gamment les cordes d\u2019une viole. La musique s\u2019\u00e9gr\u00e8ne dans le patio, accompagne la douce somnolence de la belle alanguie, lui permettant de r\u00eaver \u00e0 l\u2019envi\u2026<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Que penser enfin de cette jolie jeune \u00ab\u00a0<em>Femme \u00e0 la guitare<\/em>\u00a0\u00bb qui sur la terrasse, \u00e0 l\u2019ombre des feuillages, est pench\u00e9e sur son instrument\u00a0? Une jeune femme aux traits \u00e0 peine esquiss\u00e9s mais dont la chevelure et le corps sinueux rappellent les courbes de son propre instrument.<\/p>\r\n<h5><!-- \/wp:paragraph --><\/h5>\r\n<h5><!-- wp:paragraph --><strong>Les bals<\/strong><\/h5>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Au village, le jour de la Saint Adrien, sous les lampions multicolores, la joyeuse musique d\u2019 un bal populaire fait r\u00e9sonner le son de l\u2019accord\u00e9on qui entra\u00eene les danseurs et les fait tournoyer sur la piste de danse. Sur l\u2019estrade, des musiciens soufflent dans leur trompette.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->D\u2019autres fois, le bal populaire n\u2019 est que sugg\u00e9r\u00e9 comme sur le carton dessin\u00e9 par le peintre qui invite \u00e0 se rendre, le samedi soir, \u00e0 Seix, \u00e0 \u00ab\u00a0La Pergola\u00a0\u00bb, le dancing-guinguette du village o\u00f9 le tango est roi.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Autre ambiance, autre musique quand le feu d\u2019artifice explose dans la nuit sur la place saint Marc. A Venise, les jours de carnaval, se dansent de gracieux menuets et le feu d\u2019artifice illumine la richesse et la pr\u00e9ciosit\u00e9 des costumes port\u00e9s, ce soir l\u00e0, au bal. Vision \u00e9ph\u00e9m\u00e8re mais combien saisissante d\u2019un bal mondain et id\u00e9al, d\u2019un bal f\u00e9erique o\u00f9 les couples \u00e9voluent avec la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et la douceur des plumes qui recouvrent leurs masques. Un bal pour r\u00eaver. Le son des mandolines accompagne le bal. Et voil\u00e0 que le son r\u00e9sonne bient\u00f4t de palais en palais, il s\u2019\u00e9gr\u00e8ne partout, dans les rues mais aussi sur les quais du vieux port et m\u00eame sur les gondoles, un son qui jamais n\u2019en finira de c\u00e9l\u00e9brer l\u2019amour \u2026<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<h5><!-- wp:paragraph --><strong>La passion de la danse et de l\u2019op\u00e9ra<\/strong><\/h5>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Son amour immod\u00e9r\u00e9 de l\u2019op\u00e9ra et son amiti\u00e9 avec Serge Lifar, ma\u00eetre de ballet de l\u2019Op\u00e9ra de Paris de 1930 \u00e0 1944 puis de 1947 \u00e0 1958, conduiront \u00e9galement Lagorre \u00e0 cr\u00e9er des d\u00e9cors pour <strong>Parsifal<\/strong>, l\u2019op\u00e9ra de Richard Wagner. L\u2019action de Parsifal se d\u00e9roule au Moyen-\u00e2ge, dans les Pyr\u00e9n\u00e9es, alternativement dans le domaine et au ch\u00e2teau des gardiens du Graal, Montsalvat, sur le versant septentrional de l\u2019Espagne wisigothe, et au ch\u00e2teau enchant\u00e9 de Klingsor, &#8211; sur le versant m\u00e9ridional, du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Espagne arabe-. Il n\u2019est donc \u00e9videmment pas surprenant que Lagorre choisisse pour la r\u00e9alisation de ces d\u00e9cors de grandes peintures en noir et blanc de <strong>Monts<\/strong><strong>e<\/strong><strong>gur<\/strong>, assez spectaculaires et effrayantes au demeurant. Ces d\u00e9cors ont h\u00e9las \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits mais il y a l\u00e0 une autre fa\u00e7on de c\u00e9l\u00e9brer un op\u00e9ra grandiose\u00a0: cr\u00e9er pour cet op\u00e9ra une traduction picturale toute aussi grandiose, en lui donnant pour d\u00e9cor celui de la plus belle, de la plus impressionnante et de la plus prestigieuse des citadelles cathares, Montsegur.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Dans son Hommage \u00e0 Matisse rendu par le biais de la cr\u00e9ation de la s\u00e9rie \u00ab\u00a0<em>Danse dans le Z\u00a0<\/em>\u00bb , Lagorre rend \u00e9galement hommage \u00e0 cet art, intrins\u00e8quement li\u00e9 \u00e0 la musique. Des patineurs, sans visage autre qu\u2019un ovale, s\u2019\u00e9lancent et tournoient dans un espace ind\u00e9fini, sans d\u00e9cor autre que de larges aplats de couleur. Bien que trait\u00e9 fort diff\u00e9remment, nous retrouvons l\u00e0 une \u00e9vocation de <em>La Danse<\/em> de Matisse\u2026<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<h5><!-- wp:paragraph --><strong>Les Z , <\/strong><strong>invention d\u2019un langage pictural et musical \u00e0 la fois<\/strong><\/h5>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->\u00ab <em>Pourquoi est-ce que je comprends mieux le musicien que le peintre Pourquoi vois-je mieux en lui le principe vivant d\u2019abstraction ?<\/em> \u00bb Vincent Van Gogh, 1888.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->\u00ab <em>Je t\u00e2tonne toujours dans le noir, mais je crois pouvoir trouver quelque chose entre la vue et l\u2019ou\u00efe et je peux cr\u00e9er une figure en couleurs comme Bach l\u2019a fait en musique. De toute mani\u00e8re, je ne me contenterai pas plus longtemps de la servile copie.<\/em> \u00bb Franz Kupka,1913<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Comme eux et depuis longtemps d\u00e9j\u00e0, Lagorre souhaite se lib\u00e9rer de la reproduction ou tout au moins ne pas s\u2019y laisser enfermer. La passion de la musique qui anime le peintre lui permet sans nul doute de passer plus facilement \u00e0 l\u2019abstraction. Lagorre est un homme cultiv\u00e9, il a lu la th\u00e9orie de Wassily Kandinsky, peintre musicien, qui associe en permanence couleurs et sonorit\u00e9s et a eu l\u2019occasion d\u2019admirer des toiles de Paul Klee, lui-m\u00eame excellent violoniste, qui peignit ou convoqua souvent la musique.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Avec l\u2019invention d\u2019un langage qui lui est propre, celui du Z , le peintre invente un rythme particulier dont les seules variations ne seront plus d\u00e9sormais que les couleurs\u00a0appos\u00e9es sur la toile, des couleurs variant \u00e0 l\u2019infini \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un m\u00eame motif r\u00e9p\u00e9t\u00e9 lui aussi \u00e0 l\u2019infini, un v\u00e9ritable leitmotiv que ce Z.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Lagorre trouve l\u00e0 son rythme.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Plus tard encore, dans ses compositions abstraites, Lagorre nous plongera aussi dans la musique des abysses, celle d\u2019un monde aquatique, entre opacit\u00e9 et transparence, tant\u00f4t glauque, tant\u00f4t translucide. Le monde des profondeurs, la musique du silence.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Parfois, sur la toile, une <em><strong>bande verticale<\/strong><\/em> de couleur claire vient happer notre regard. R\u00e9p\u00e9t\u00e9e sur plusieurs tableaux, elle nous invite \u00e0 plonger notre regard au centre de la toile, \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer \u00e0 l\u2019 int\u00e9rieur pour nous offrir une travers\u00e9e magique, un d\u00e9passement du monde des apparences, pour nous offrir une perc\u00e9e vers l\u2019infini.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Quelques mois avant sa mort, Lagorre peindra d\u2019ultimes \u00ab\u00a0 virgules\u00a0\u00bb, comme autant de notes pos\u00e9es avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 sur le papier ou sur la toile. Une multitude de petites touches dansantes, comme autant de notes de musique dont la pr\u00e9sence dit et souligne la volont\u00e9 d\u2019\u00e9puration du peintre. Lagorre ne vise plus alors qu\u2019\u00e0 garder l\u2019essentiel, traduisant en peinture une forme de haiku. Une forme de d\u00e9pouillement.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Nous voil\u00e0 r\u00e9solument du c\u00f4t\u00e9 de la contemplation et de la m\u00e9ditation int\u00e9rieure.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->Chez Lagorre on le voit, la musique est diverse mais toujours bien pr\u00e9sente, sous de multiples formes.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph -->\u00a0\u201c<em>Il faut faire chanter le dessin par la couleur<\/em>\u201d disait Chagall, c\u2019est aussi ce \u00e0 quoi tendra Lagorre, toute sa vie durant, tout au long de son \u0153uvre car la couleur continue, elle aussi, de faire chanter ses \u0153uvres.<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:paragraph --><a id=\"sdfootnote1sym\" href=\"#sdfootnote1anc\">1<\/a>De mars \u00e0 juillet 2017, une remarquable exposition intitul\u00e9e \u00a0<em><strong>Tintamarre\u00a0!, Instruments de musique dans l\u2019art, 1860-1910<\/strong><\/em>\u00a0 s\u2019est tenue au Mus\u00e9e des impressionnismes \u00e0 Giverny (Oise)<\/p>\r\n<!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p><!-- wp:heading {\"level\":1} --><!-- \/wp:heading -->[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column]<div class=\"edgt-separator-holder clearfix  edgt-separator-center edgt-separator-full-width\">\n\t<div class=\"edgt-separator\" style=\"border-color: #e9e9e9;border-style: solid;border-bottom-width: 1px;margin-top: 5px;margin-bottom: 5px\"><\/div>\n<\/div>\n[\/vc_column][\/vc_row][vc_row row_content_width=&#8221;grid&#8221; css=&#8221;.vc_custom_1493283573780{padding-top: 100px !important;padding-bottom: 100px !important;}&#8221;][vc_column]<div class=\"edgt-portfolio-list-holder edgt-pl-gallery edgt-pl-normal-space edgt-pl-three-columns edgt-pl-standard-overlay light    edgt-pl-pag-no-pagination     \"  data-type=gallery data-space-between-items=normal data-number-of-items=-1 data-image-proportions=full data-enable-fixed-proportions=no data-enable-image-shadow=no data-category=musique data-order-by=date data-order=ASC data-item-style=standard-overlay data-item-style-skin=light data-enable-title=yes data-title-tag=h4 data-title-text-transform=uppercase data-enable-category=yes data-enable-like=no data-enable-count-images=yes data-enable-excerpt=no data-excerpt-length=20 data-pagination-type=no-pagination data-filter=no data-filter-order-by=name data-enable-article-parallax-animation=no data-portfolio-slider-on=no data-enable-loop=yes data-enable-autoplay=yes data-slider-speed=5000 data-slider-speed-animation=600 data-enable-navigation=yes data-enable-pagination=yes data-max-num-pages=0 data-next-page=2>\n\t\t\n\t<div class=\"edgt-pl-inner  clearfix\">\n\t\t\n<article class=\"edgt-pl-item  post-14622 portfolio-item type-portfolio-item status-publish has-post-thumbnail hentry portfolio-category-musique\">\n\t<div class=\"edgt-pl-item-inner\" >\n\t\t<div class=\"edgt-pli-image\">\n\t\t\t<img width=\"1600\" height=\"1200\" src=\"https:\/\/rene-gaston-lagorre.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/29.Gitans-au-clair-de-lune.1962.jpg\" class=\"attachment-full size-full wp-post-image\" alt=\"Gitans au clair de lune. Aquarelle.\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" srcset=\"https:\/\/rene-gaston-lagorre.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/29.Gitans-au-clair-de-lune.1962.jpg 1600w, https:\/\/rene-gaston-lagorre.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/29.Gitans-au-clair-de-lune.1962-600x450.jpg 600w, https:\/\/rene-gaston-lagorre.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/29.Gitans-au-clair-de-lune.1962-300x225.jpg 300w, https:\/\/rene-gaston-lagorre.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/29.Gitans-au-clair-de-lune.1962-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/rene-gaston-lagorre.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/29.Gitans-au-clair-de-lune.1962-768x576.jpg 768w, https:\/\/rene-gaston-lagorre.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/29.Gitans-au-clair-de-lune.1962-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/rene-gaston-lagorre.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/29.Gitans-au-clair-de-lune.1962-1320x990.jpg 1320w\" sizes=\"(max-width: 1600px) 100vw, 1600px\" \/>\t\t<\/div>\n<div class=\"edgt-pli-text-holder\">\n\t<div class=\"edgt-pli-text-wrapper\">\n\t\t<div class=\"edgt-pli-text\">\n\t\t\t\t<h4 itemprop=\"name\" class=\"edgt-pli-title entry-title\" style=\"text-transform: uppercase\">\n\t\tMusique et peinture\t<\/h4>\n\n\t\t\t\t\t<div class=\"edgt-pli-category-holder\">\n\t\t\t\t\t\t\t<a itemprop=\"url\" class=\"edgt-pli-category\" href=\"https:\/\/rene-gaston-lagorre.fr\/index.php\/portfolio-category\/musique\/\">\"Musique\"<\/a>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\n\t\t\t    <div class=\"edgt-gli-number-of-images-holder\" >\n        <span>61 pics.<\/span>\n    <\/div>\n\n\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t<\/div>\n<\/div>\t\t\n\t\t<a itemprop=\"url\" class=\"edgt-pli-link edgt-block-drag-link\" href=\"https:\/\/rene-gaston-lagorre.fr\/index.php\/portfolio-item\/musique\/\" target=\"_self\"><\/a>\n\t<\/div>\n<\/article>\t<\/div>\n\t\n\t<\/div>[\/vc_column][\/vc_row]<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[vc_row disable_background_image=&#8221;&#8221; row_type=&#8221;parallax&#8221; simple_background_image=&#8221;1347&#8243;][vc_column][\/vc_column][\/vc_row][vc_row row_content_width=&#8221;grid&#8221; css=&#8221;.vc_custom_1493283590395{padding-top: 100px !important;padding-bottom: 100px !important;}&#8221;][vc_column][vc_column_text] \u00ab\u00a0Musica Letitia Co(me)s Medicina Dolor(is)\u00a0\u00bb \u00abLa musique est la compagne de la joie et le rem\u00e8de de la douleur.\u00a0\u00bb Inscription port\u00e9e sur le couvercle du virginal dans La Le\u00e7on de musique. 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